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Ad Astra, vers les étoiles

Les jeux de société évoquant les conquêtes spatiales ont souvent tendance à s'axer sur la confrontation. Ce n'est pas le cas d'Ad Astra qui, lui, est un jeu de gestion assez léger, permettant à tout un chacun de rentrer dans l'univers du jeu de plateau sans trop se triturer le cerveau.

Qui n'a jamais rêvé de conquête spatiale ? De s'envoler de la Terre pour rejoindre d'autres planètes… Ad Astra évoque ce songe, le met en application et vous permet de coloniser à tout va les autres systèmes solaires. Bruno Faidutti et Serge Laget nous ont concocté ce jeu de colonisation spatiale pour trois à cinq joueurs. Vous l'aurez compris, l'originalité ne réside pas dans la thématique mais plutôt dans les mécanismes.


Le plateau de jeu modulable.
A la découverte de ce nouveau système solaire…

Ad Astra étant un jeu de colonisation spatiale, on ne pouvait éviter de se retrouver avec un certain nombre de petits vaisseaux spatiaux en plastique, accompagnés de leurs pions colonie, usines et terraformation. Il n'y a pas de plateau à proprement parler puisque l'on doit créer ce plateau à partir des jetons étoiles et planètes pour créer divers systèmes modulables. On ajoute à cela le petit plateau de pose de cartes commun, et donc ces cartes, et l'on a un Ad Astra complet. Pour terminer ce tour d'horizon, je ne suis pas un grand fan de l'illustration, qui sans être moche me parait un peu terne avec ses dominantes violacées.



On colonise cette planète produisant le minerai qui nous manque.

La mécanique d'Ad Astra est simple et fluide, le premier joueur commence à placer sa première carte action qui sera la première carte pour tout le monde, et ainsi de suite. A trois ou quatre joueurs, on est limité à douze actions au total, à cinq, on va jusqu'à quinze. Une fois toutes ces cartes posées face cachée évidemment, on passe à la phase de résolution des actions. Ces actions ont un effet pour tous les joueurs.
Parmi les cartes d'actions, il y a la production, où chaque joueur détenant une planète qui produit cette ressource en particulier peut récupérer ses biens. On peut aussi se déplacer vers un autre système, à l'intérieur du système où l'on est, ou dans l'espace. Il existe plusieurs cartes déplacement différentes permettant de choisir les systèmes vers lesquels le joueur ayant posé la carte souhaite se rendre. Il faut savoir que se déplacer coutera toujours de l'énergie, en plus ou moins grosse quantité selon que l'on reste dans le système actuel ou que l'on se rend ailleurs.
Il existe aussi des cartes de construction qui requièrent des ressources particulières selon la nature de la construction. On peut construire une colonie, une usine, un vaisseau ou terraformer.
Pour terminer avec les actions, on peut jouer une carte de score, qui permet de marquer des points selon certains critères, toujours applicable à tous, et cette carte permet au joueur l'ayant posée de devenir le nouveau premier joueur. En revanche, cette carte est, au contraire des autres cartes actions, défaussée et le joueur ne reprendra ses cartes score que lorsqu'il n'en aura plus aucune.
Le jeu se termine lorsque la dernière planète est révélée, ou bien lorsqu'un joueur atteint cinquante points ; on termine le tour et le plus haut en score remporte la partie.


Une carte de construction.
La terraformation est désormais achevée.

Alors, que penser d'Ad Astra ? Eh bien déjà, il recèle l'originalité pour un jeu de conquête spatiale de ne pas avoir de scènes de combats. Soit, pourquoi pas, ça passe même plutôt bien malgré le fait que le thème se prête vraiment au combat, on peut imaginer ces nations pacifiques. Le déroulement des parties peut combler le joueur accédant à une catégorie de jeux qui se complique. Un peu de hasard, un peu de gestion, pas trop de prise de tête. En revanche, le joueur qui aime à tout planifier a beaucoup plus de mal, car malgré tout, l'idée de la pose de cartes influant sur tout le monde n'est pas mauvaise. Simplement, cela rend le jeu assez délicat car il est difficile de prévoir ce que vont faire nos camarades. On se retrouve souvent avec trois tours d'exploration d'affilée, quatre tours de construction… Passé ce bémol, le jeu est assez fluide, mais il faut bien avouer qu'un joueur obtenant une ressource rare dès le premier tour est avantagé et aura bien vite fait de surclasser ses adversaires qui auront alors beaucoup de mal à le rattraper. Au final, mes parties se sont toujours déroulées de la même manière : un des joueurs ayant les bonnes matières fonce sur la table des points de victoire, les autres essayent de le rattraper, sans aucun succès puisqu'on ne peut pas lui mettre sur la tronche. Celui qui n'arrive pas à obtenir de l'énergie est vite submergé et n'a plus beaucoup de solutions, mis à part regarder les autres s'envoler vers des cieux plus cléments.
Comme souvent, Bruno Faidutti nous a, avec son compère, concocté un jeu passerelle. A savoir qu'il est plutôt accessible pour les joueurs occasionnels désirant se lancer dans des jeux quelque peu plus complexes, sans trop se prendre la tête avec la gestion, en passant un bon moment ludique. Pour ces joueurs-ci, Ad Astra remplit son office. Pour ceux qui aiment plus de contrôle, qui n'envisagent pas un jeu de conquête spatiale sans baston, avec très peu d'interactions, il ne sera d'aucune utilité.

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