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BattleStar Galactica

Les jeux coopératifs ont le vent en poupe, la série BattleStar Galactica (BSG) fut un énorme succès, quoi de plus normal que de décliner un jeu sur ce thème en le rendant coopératif ?

Les jeux coopératifs ont le vent en poupe, la série BattleStar Galactica (BSG) fut un énorme succès, quoi de plus normal que de décliner un jeu sur ce thème en le rendant coopératif ?

Le principe est simple. La guerre avec les Cylons (des robots) a fait des dégâts. Les 12 planètes coloniales ont été détruites par ces vils robots et seule une petite flotte a réussi à en réchapper. Nous sommes donc une petite troupe dans cette flotte spatiale et plus précisément dans deux vaisseaux, le Battlestar Galactica et le Colonial One mais aussi les lieux cylons pour les vilains.. On incarne un personnage de la série qui peut être un humain doté de certaines capacités héroïques, ou bien on peut jouer un cylon qui se cache ou est dévoilé. C'est le hasard qui en décide. Le but pour les humains est d'atteindre Kobol, une planète mythique.

La boite du BattleStar Galactica est assez compacte, le plateau représente le BattleStar au milieu de l'espace, ainsi que le colonial one. On retrouve quatre compteurs circulaires en carton qui symbolisent les ressources des humains : le carburant, la nourriture, le moral et la population. De nombreux vaisseaux en plastique représentent les vipers (petits vaisseaux d'attaque humains) et les raptors (vaisseaux de reconnaissance humains). Les cylons ne sont pas en reste puisqu'une flopée de  raiders sont présents (les vaisseaux d'attaque cylons) ainsi que quatre raiders lourds (transports de troupe cylons). Les vaisseau-mères des Cylons sont quant à eux un peu plus moches puisqu'en carton en deux dimensions. Le reste du matériel est plus classique, des pions en carton avec support plastique pour représenter les personnages, de toutes sortes de pions ou de marqueurs en carton, des cartes à foison, on ne se sent donc pas lésé lorsque l'on ouvre la boîte, mis à part les vaisseau-mères donc.

plateau
Le plateau de jeu

Rentrons dans le vif du sujet : les règles du jeu

On peut jouer de trois à six joueurs. Plus on est de fous plus intéressant est le jeu, avec des tours de table beaucoup plus longs. Le livret se lit assez rapidement, étayé d'exemples lors de points délicats. Cela ne nous a pas empêché d'avoir besoin de deux ou trois parties pour arriver à assimiler les règles. Pire, certains points de règles sont restés obscurs assez longtemps comme la règle d'avancée des centurions (les troupes au sol Cylons) qui peut s'avérer assez délicate à absorber.
Pour commencer, on met en place le plateau de jeu et on doit déterminer le nombre de cartes loyauté en fonction du nombre de joueurs.  Ensuite est donné le rôle de président au personnage le plus haut placé dans la hiérarchie, celui-ci dispose de cartes spéciales appelées quorum. On désigne de même l'amiral qui aura le droit de décider de la destination de la flotte lors des sauts mais aussi disposera de deux charges nucléaires. Avec les cartes loyautés distribuées face cachées en deux phases (une au début et une en milieu de partie), on sait donc si on est un cylon ou un humain (ou parfois sympathisant, selon le nombre de joueurs). On peut devenir cylon en milieu de partie. Dans un premier temps, ceux qui auront reçu une carte cylon auront tendance à essayer de ne pas se découvrir et de poser quelques soucis en interne aux humains sans que cela ne se voie lors des crises.

Bienvenue à bord du Galactica !

La fiche de perso de Lee Adama
La fiche de perso de Lee Adama
Une fois que l'on est plongé dans la partie, le tour de jeu est simple : le joueur actif pioche ses cartes compétences en fonction de son personnage. Cinq sortes de compétences existent dans le jeu de base : Politique, tactique, commandement, pilotage et ingénierie. Ensuite il peut effectuer un mouvement (se déplacer dans le galactica, dans l'espace si c'est un pilote ou se rendre sur le colonial one, ou bien se déplacer dans les lieux cylons s'il en est un). Vient dès lors la phase d'action. Le joueur actif peut jouer une carte compétence, activer un lieu, jouer une action de la fiche personnage, jouer une carte quorum s'il est président, tirer sur des vaisseaux cylons s'il est pilote (et dans l'espace dans un viper) ou encore se révéler au grand jour s'il est cylon et provoquer quelques dégâts dans la flotte avant de se rendre sur le vaisseau de résurrection.

Après cette phase d'action, vient la phase la plus redoutée d'entre toutes : la phase de crise. Les crises sont comme leur nom l'indique un moment délicat auquel il faut faire face en restant soudés. Le joueur actif tire la carte crise et la lit à tous. La plupart du temps ce sont des tests de compétence. Mais il peut aussi s'agir d'un choix incombant au joueur actif, au président ou à l'amiral. Parfois aussi elle représente le Galactica attaqué par des cylons, on doit alors placer les vaisseaux dans l'espace.
Revenons à la carte crise classique du test de compétence. Il est indiqué sur ces cartes un seuil à obtenir pour réussir la crise. Plusieurs couleurs sont demandées représentant les types de cartes compétence ; ces couleurs compteront comme positives et toute autre couleur comme négative. Deux cartes du paquet destinée sont alors tirées face cachée pour ajouter du suspense (le paquet destinée est formé de deux cartes de chaque compétence au début du jeu puis est mélangé) et le joueur à la gauche du joueur actif entame les hostilités. Il choisi de poser ,toujours face cachée, une, plusieurs cartes ou ne pas en poser et le tour de jeu se termine sur le joueur actif qui résoudra alors la crise en effectuant le décompte et en appliquant l'effet indiqué sur la carte. Sur le bas de cette carte crise on peut apercevoir deux symboles représentant la préparation au saut plus rapide que la lumière et l'activation des vaisseaux cylons qui doivent se déplacer ou tirer sur les vaisseaux civils, les vipers, le Galactica, débarquer des troupes ou les faire avancer.

Lorsque le moteur de saut est arrivé au saut automatique (ce qui signifie aussi qu'on peut l'activer manuellement avec un risque de perte), l'amiral décide de la destination. Les cartes destinations font bien souvent perdre du carburant, mais parfois offrent la possibilité de gagner certaines ressources. Ces cartes ont une valeur de un ou deux et simulent la distance parcourue. Sachant que pour se rendre sur Kobol, il faut effectuer huit de distance et faire un saut supplémentaire. C'est la seule et unique manière de gagner pour les humains. Pour gagner en étant cylon, il faut qu'une des ressources soit à zéro, ou bien que le Galactica soit endommagé six fois, ou encore que les centurions aient atteint le bout de leur piste centurion.

ressources_et_cylons
Les ressources, les sites cylons,
le moteur de saut et les centurions.

Au final, on saute ou pas ?

Les règles sont donc assez touffues, j'ai volontairement passé de nombreux points de détail afin d'alléger ce qui est déjà assez lourd. Mais au final les mécanismes sont assez simples et de débutant perdu, au bout d'une ou deux parties, on passe à joueur confirmé. Les parties sont longues, même parfois très longues. Elles sont aussi frustrantes pour les humains, parfois très frustrantes. En effet, je n'ai que très rarement vu les humains gagner. Si on préfère les voir gagner plus souvent, on peut régler les ressources à un niveau plus élevé en début de partie. Mais lorsque les humains gagnent avec la difficulté de base, imaginez la liesse !

BattleStar Galactica jeu de plateau retranscrit assez fidèlement l'ambiance de la série. Il ne faudra par contre pas s'offusquer si les Cylons ne sont pas forcément ceux de la série, il faut préserver le suspense dans le jeu ! Il n'est cependant pas nécessaire d'avoir vu la série pour arriver à jouer, c'est un plus, pas indispensable certes, mais c'en est un pour se fondre dans l'ambiance. La tension est palpable à chaque apparition de vaisseau mère, à chaque bond plus rapide que la lumière précipité, à chaque crise délicate, chaque choix des joueurs, chaque jet de dé. Pour exemple j'ai déjà eu une partie où le président doit décider si l'on perd du moral ou une autre ressource. Il balance un « non mais de toute façon, on n'a jamais perdu sur le moral ! » et paf à la fin on perd à cause du moral.  La pression avec les présumés cylons est assez énorme aussi, les accusations fusent. Chaque fois qu'une crise se résout avec des cartes négatives tout le monde surveille le moindre mouvement de paupière, des calculs sont fait, l'intox des cylons cachés...

Les seuls points négatifs de BattleStar Galactica sont donc son approche délicate pour une équipe de débutants, sa longueur et sa difficulté pour les humains bien que réglable. Si on est habitués aux plateaux, les règles sont plus rapides à assimiler bien entendu. Tous les débutants qui ont joué avec moi ont compris les subtilités du jeu à la fin de la première partie. L'idéal est donc d'avoir un confirmé qui guide au début. Ces points négatifs sont donc atténués avec le nombre de parties jouées, pour au final en faire un très bon plateau que j'apprécie de sortir de l'étagère pour peu qu'on soit un nombre respectable. En dessous de cinq joueurs, je trouve qu'il ne s'apprécie cependant pas particulièrement.

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3 commentaires

  • Choucroot

    20/05/2013 à 14h14

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    Enfin fait une partie à peu près cohérente, ça donne carrément envie d'en refaire une avec le max de joueurs !
    (Par contre on se fait chier en prison. Ha c'est fait exprès ? )

  • Maat

    20/05/2013 à 14h45

    Répondre

    Pour avoir fait plusieurs parties à 6 ou 7 (selon l'extension), je trouve que 5 c'est le nombre optimal, sinon, ça traine trop en longueur. Tu avais utilisé des extensions ou juste le jeu de base ?

  • Choucroot

    20/05/2013 à 14h49

    Répondre

    Juste le jeu de base, mais ta critique de l'extension donne très envie. J'attends de faire quelques parties avant de craquer

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