7.5/10

Dream Factory

Vente aux enchères de réalisateurs et comédiens cherche joueurs et producteurs pour monter des films et gagner des récompense. Bon esprit requis. Pas besoin de diplôme de joueur aguerri.

Inconsciemment, lorsque l'on aperçoit la boîte de Dream Factory, on s'imagine s'impliquer dans un Monopoly où les rues sont remplacées par des films.
Il faut dire que le jeu n'a pas l'air destiné aux spécialistes. Pourtant, dès la première partie on découvre la vérité : derrière des règles simples et une mécanique de jeu facile à adopter, Dream Factory cache une certaine complexité. On est bien loin des difficultés que l'on peut rencontrer dans les jeux de gestion de ressources ou d'optimisation de placements, mais on ne boude pas notre plaisir.

A travers un background accessible à tous, le cinéma et la production de films, on entrevoit un jeu sympathique qui sait se monter plus intelligent qu'il n'y parait au premier abord.


Riche de plusieurs millions de dollars au début du jeu, on se doit de recruter tous les intervenants nécessaires à la réalisation d'un film. Parfois il faudra ajouter de la musique ou encore faire un peu de post-production pour ajouter des effets spéciaux ou des cascades. Quoi qu'il en soit, si trois films nous attendent dans un premier temps, c'est ensuite une poignée d'autres qui s'annoncent à nous, et à chaque fois, les mêmes difficultés de casting.

Mais il n'est pas facile de réunir les éléments qui font d'un film une bonne mayonnaise : il faut payer, encore et toujours allonger la monnaie pour espérer recruter les stars les plus cotées ou les réalisateurs les plus talentueux. L'offre est présente tout au long de l'année et se présente aléatoirement à chaque trimestre. La demande, elle, est tout aussi exprimée et joue aux enchères. Il s'agit d'ailleurs du noeud du problème : Dream Factory repose sur un système d'intéraction de type enchères entre joueurs. Celui qui paie le plus emporte la mise. Reste à voir comment on estime le rapport qualité prix, et la façon dont les confrères vont se comporter, sans compter l'argent dont ils disposent. Parle-t-on le premier que l'on est bien obligé de monter haut pour éviter de se faire rafler le gros lot. Parle-t-on le dernier qu'on se retrouve à devoir toujours assumer de hauts tarifs. 

Les enchères, tout le monde connaît. En quelques minutes on est dans le bain. La maîtrise, elle, n'interviendra pas tout de suite, si tant est qu'elle soit acquise un jour. On fait de son mieux dans cet univers de cinéma de pacotille où les films portent des noms prometteurs (Il faut sauver l'estomac de Ryan), et où la qualité d'un film permet de décrocher des trophées.  

On ne peut même pas bourriner : à la fin de chaque enchère, les perdants se partagent les sommes engagées par le gagnant. On essaie toujours d'être maître sur la quantité d'argent, mais dès que l'on investit beaucoup, on voit arriver le retour de bâton. Pas facile du tout à gérer, et en même temps diablement stimulant.

On se voit très vite obligé de devoir élaborer des films de qualités plus ou moins bonnes, en embauchant, par exemple, un comédien peu talentueux afin de pouvoir engager un réalisateur de plus haut rang. Ou encore de placer une musique pitoyable mais en bénéficiant d'effets spéciaux de haute voltige.

Au final, c'est la consécration que les joueurs recherchent : accumuler les prix (meilleure comédie, meilleur film d'action, meilleur drame, etc.), ou proposer de nombreuses productions, qui en s'accumulant apportent un pactole de points. Les deux ne sont pas d'ailleurs incompatibles.

Dream Factory est habillé avec humour, plaisant à jouer grâce à sa mécanique simple, et très interactif. Tout ceci en fait un jeu très accessible que l'on gardera à portée de main lors des prochaines soirées, en famille ou entre amis.

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Pandémie

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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