7.5/10

C'est moi le patron !

Un jeu d'enchères pur et dur où l'on négocie ferme. Un chaos indescriptible lors de certaines transactions où l'ambiance est de mise. Un plaisir certain à pourrir ses adversaires. Bref un jeu que toutes les entreprises devraient imposer à leurs futurs commerciaux dans le cadre d'un recrutement.

An 2043 au 74ème étage d'un des plus gros buildings parisiens.
Bureau du boss : Monsieur Guillaume Peyronnet

Alors p'tit. Comme ça y paraît que tu veux t'lancer dans les affaires ? Pfff (il tire sur son gros cigare). C'est pas donné à tous le monde tu sais… Faut avoir du flair comme on dit. Et t'es venu me voir pour que j'te file des conseils ?! Moi le big boss de Krinein Corporation. C'est vrai qu'j'en serais pas là ou j'en suis si j'avais pas eu le sens des affaires. Pfff. J'me r'vois quand j'étais encore qu'un jeunot comme toi et que Krinein n'était qu'un « magazine culturel ». J'avais à peine de quoi m'acheter des ronds de culottes. Et puis à partir de 2015 on a commencé à s'élargir et à se diversifier. Tout y est passé : on a commencé par l'univers pharmaceutique, puis par l'armement. On a fait un peu de politique histoire de graisser les pattes et d'avoir le champ libre à la génétique, à la conquête spatiale et aux nanotechnologies. Mais c'est vrai qu'y a eu un déclencheur à tout ça et Krinein ne serait sans doute pas devenu cette multinationale tentaculaire brassant environ 18000 milliards par an et employant un tiers de l'humanité s'il n'y avait pas eu cette soirée jeu de mars 2011 et ce jeu là : C'est moi le Patron.



Une carte Patron
Dans ce jeu-là, il n'y a pas de chichis : un seul objectif : le fric, ou si tu préfères la thune, les pépettes, le pognon, l'oseille, le blé, le flouze, les biftons. Chaque joueur représente un investisseur et doit conclure des affaires avec les autres investisseurs afin de gagner le plus d'argent possible. Le tour du plateau de jeu symbolise les différentes transactions possibles ainsi que ses conditions (noms et nombre des investisseurs, bénéfice retiré). Evidemment on commence par de petites transactions : juste quatre ou six millions mais à la fin on traite plutôt des affaires qui valent dans les vingt à vingt-cinq millions. La seule condition pour gagner le jackpot c'est de réussir à réunir tous les investisseurs nécessaires. Pour les différentes actions possibles, là aussi pas de chichis : soit on essaie de conclure une affaire soit on n'en a pas assez dans le pantalon et on se contente de piocher des cartes qui vont nuire à l'adversaire. Et c'est là que ça devient marrant.



Les investisseurs principaux
On a tout ce qu'il faut pour pourrir l'adversaire. On peut envoyer ses investisseurs faire un petit tour en voyage à l'autre bout de la planète : pas de risque qu'ils reviennent à temps pour signer leur contrat. On peut lui piquer ses investisseurs lors d'une cession de recrutement intensive. On peut bloquer certaines de ses actions et on peut aussi prendre le contrôle d'une transaction en cours évinçant dans le même temps le négociateur d'origine. Je reverrai toujours la tête de Ryo ce soir-là lors du tour final : tout le monde avait joué ses cartes et plus rien ne l'empêchait de réussir cette dernière transaction à vingt-cinq millions. Il commençait déjà à approcher ses doigts des biftons. Et là je lui sors ma dernière carte et j'envoie son investisseur principal en voyage dans les îles, faisant échouer par la même sa transaction. Le pauvre, il ne s'en est jamais remis.



Le plateau de jeu
Le truc qui est bien dans ce jeu, c'est que l'on est dans un jeu d'enchères complètement libre. Pas de règles, pas de contraintes, on est dans de la négociation pure et dure et on peut la mener exactement de la manière dont on l'entend. On peut tout aussi bien faire la sourde oreille aux autres investisseurs, que magouiller uniquement avec Maat que l'on trouve aussi véreux que nous ou bien encore vendre son slip ou négocier un paiement en nature après la fin de la partie. Le tout c'est de s'entendre et pour cela le jeu est entièrement libre. Evidemment plus nombreux on est et plus les parties sont animées : c'est sûr qu'à seulement trois investisseurs, la partie fait un peu grise mine. Tandis qu'à six, c'est la foire aux empoignades.
Il faut dire aussi que les cartes assurent l'animation et chahutent bien les parties. Les retournements de situation sont légions et bien malin celui qui pourra prédire le gagnant d'une transaction.


Toutefois, les négociations sont un peu trop tributaires de ce système de cartes. Autant la conclusion d'une affaire peut ressembler à ça :


Une carte Recrutement
Ryo
: Ok, je tente une affaire à vingt millions : j'ai quatre des cinq investisseurs nécessaires. Guillaume, si tu me laisses utiliser ton Cashman, je te donne un dividende de cinq millions.
Guillaume : Pas assez : pas à moins de huit millions.
Ryo : Ok, ça roule.
Maat : Attends, j'envoie ton Sacks en voyage d'affaire (carte Voyage).
Ryo : Perdu je le bloque (carte Stop).
Islara : Ok, moi aussi j'envoie ton Sacks en voyage (carte Voyage). Du coup je suis la seule à avoir un investisseur Sacks. Je te le prête pour neuf millions.
Aen : Stop, dorénavant c'est moi le patron de cette transaction et c'est avec moi qu'il faut négocier (carte Patron).
Ryo : Ca m'étonnerait, je redeviens le patron (carte Patron).
Aen : Même pas mal, c'est toujours moi le patron (carte Patron).
Ryo : Fumier !

Islara : J'aimais bien négocier avec Ryo et je lui prêtais Sacks pour neuf millions. Mais toi, je t'aime moins, alors je monte à dix millions.
Maat : C'est moins cher chez moi : je te le prête pour huit millions.
Ryo : Ciao les loosers : je recrute ton Sacks (carte recrutement) : c'est dix millions ou personne ne conclut cette affaire.
Aen : Vendu : ça fait dix millions chacun.


Un mois de salaire chez Krinein Corporation
Autant, elle peut ressembler à ça :

Ryo : je passe.
Guillaume : je passe.
Islara : je passe.
Maat : je passe.
Aen : je passe.

Il aurait été intéressant de pouvoir faire des choses sans être dépendant de ces cartes. Une capacité propre par personnage aurait pu apporter une approche différente et ceux qui n'ont que peu de cartes se seraient sentis moins exclus lors d'une transaction.



Les cartes Transaction
En bref, C'est moi le patron ne révolutionne pas le genre et ne s'encombre pas de règles compliquées ni d'autres artifices. Il assume pleinement son statut de jeu d'enchères pur et dur. Les parties sont animées pour peu que le nombre de joueurs soit conséquent et que chacun n'hésite pas à pourrir ses adversaires en jouant à fond son rôle de requins de la finance. Les cartes se chargeront alors de faire le reste. Du coup les parties sont souvent très chaotiques et l'on a des fois un peu de mal à s'y repérer pour savoir avec qui l'on doit traiter (et surtout pourquoi…). Mais c'est aussi ce qui confère à C'est Moi le Patron une très bonne ambiance et il est alors fréquent de voir les cartes et les noms d'oiseaux fuser (de même que les râles et gémissements).

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    3 commentaires

    • Guillaume

      31/05/2011 à 10h56

      Répondre

      Je pensais qu'on disait Sacks de voyage, et non Sacks en voyage !http://jeu-societe.krinein.com/est ... 16160.html

    • Islara

      31/05/2011 à 16h37

      Répondre

      Ha ha ha, j'ai bien rigolé je dois dire quand j'ai lu ça. C'est pas bien M. le Directeur de se lancer dans l'armement.

      Bon, sinon, Ryo, je te signale que t'as oublié la personne la plus imporante dans cette histoire : celle qui a gagné, celle qui était le patron : Naweug !

      Bravo Naweug ! Tu les as tous .... (censuré). Eh ouais, ce sont les femmes qui sont les plus rudes dans le business.

    • naweug

      31/05/2011 à 22h16

      Répondre

      Islara a raison, je vous ai poutrés à ce jeu

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