4/10

Fantasy S.A

Une autre idée de la chevalerie dans ce jeu de cartes assez drôle, lourdement parodique, mais à la mécanique de jeu bien trop faiblarde.

Il est assez fréquent de croiser des chevaliers bataillant pour la sauvegarde de la veuve et de l'orphelin dans l'univers des jeux de société. Fantasy S.A ne déroge pas à la règle, si ce n'est qu'un pavé dans la mare change la donne.

Ici, il s'agit d'incarner un chevalier qui a pour seul objectif la récupération de butins. Le côté macho se range au placard au profit du capitalisme glorieux. Pas de quoi être fier, mais c'est suffisant pour permettre quelques crises de rires face aux inventions les plus outrancières.

Il y a même des pom-pom girls !
Il y a même des pom-pom girls !
Le chevalier choisit ses défis en toute connaissance de cause ; que ce soit une raclée à donner à un sale type, une victime à sauver ou une chaussette royale à retrouver, le niveau de difficulté est indiqué clairement, tout comme les gains en cas de réussite de l'épreuve. Plus question de sauver l'humanité à tout prix. On la sauvera seulement à haut prix.

Pour l'aider dans ses défis, le chevalier fait appel à toutes sortes d'artifices. Que ce soit de petits tours pendables : "Au fait... je ne suis pas gaucher", qui auront leur effet, bien placés pendant n'importe quel combat, à l'utilisation plus classique d'objets, tels la "coquille surdimensionnée" qui donne une prestance inégalable, le seul objectif est de pouvoir surmonter les épreuves et gagner des biftons, ou bien de la renommée. Grâce à cette dernière, les sponsors accourent, et quand ils sont assez nombreux, les butins s'accumulent. Puis c'est l'heure d'en profiter, de se mettre à la retraite. Et donc c'est la fin du jeu.

Fantasy S.A, basé sur une idée assez sympathique de détournement, n'a malheureusement pas une mécanique de jeu assez solide. On se lasse bien vite de la succession des épreuves qui consiste à observer le résultat des dés, ne prenant pas d'autres plaisirs à jouer que celui de découvrir des cartes assez drôles pour amener les sourires, voire peut-être, chez certains, le rire.

On ne peut s'empêcher de penser à Munchkin tant les concepts se rejoignent : humour parodique, jeu de cartes, hasard presque total. Pourtant, là où le jeu de geeks (assumons-le) sait créer assez d'interactions pour qu'on y trouve son compte pendant un temps, Fantasy S.A peine à faire monter la mayonnaise.

Malgré tout, la première partie est plaisante. On repère rapidement les limites ludiques, mais on apprécie la découverte des cartes, aussi bien pour les textes que pour les images. On ne souhaitera certainement pas y rejouer. Ou alors avec de nouveaux joueurs, pour apprécier leurs mimiques lors de leur propre découverte.

A découvrir

Novembre Rouge

Partager cet article

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Le jeu de société est une activité sociale que l'on adore ! Sur Krinein jeux de société, les jeux de plateaux, les jeux de cartes, les jeux de placements, etc. sont passés au crible. Et tout ça avec le plaisir de jouer en tête.

Rubriques