7.5/10

Pandémie

En attendant que la grippe pandémique mette le monde sens dessus dessous ou qu'au contraire les sirènes se taisent (qui peut vraiment nous le dire ?), Pandémie, le jeu, nous invite à soigner les populations et à trouver des vaccins.

La grippe H1N1 fait parler d'elle depuis de nombreux mois. On a vu ici et là les méfaits qu'elle était capable de faire, et pourtant, en France, on dirait qu'elle a disparu, qu'elle s'est évaporée. Il faut dire que presque aucun médecin ne souhaite envoyer ses patients à l'hôpital pour une simple suspicion...


Quoi qu'il en soit, c'est l'occasion idéale pour ce jeu effrayant (si on rigole encore de la grippe par chez nous, attendant toujours les fameux problèmes évoqués tout l'été, on serait bien marri de les voir réellement arriver)  de faire à nouveau parler de lui. Et à défaut d'être une bonne chose pour la santé publique, c'est réjouissant pour les joueurs qui seraient jusqu'à présent passés à côté du titre. 

Dans Pandémie, les maladies, au nombre de quatre, infestent la Terre. Tout au long du jeu, les virus se reproduisent, se développent, explosent... Bientôt, tous les continents sont concernés, et on se rapproche exponentiellement de la fin de l'humanité. Heureusement, une petite équipe, les joueurs, mettent leurs capacités au service du bien-être des populations. Chacun des intervenants, doté d'un rôle spécifique, va essayer d'éradiquer les foyers d'infections et trouver les vaccins permettant d'éviter leurs retours.

Qu'on soit médecin, répartiteur, expert aux opération, scientifique ou chercheur, chacun met la main à la pâte dans une approche globale de la situation. En effet, on joue sur le mode coopératif. Seule la mise en place d'une stratégie globale permettra de mener à bien la mission de sauvegarde de la vie. Et encore, on traversera des passes difficiles, et on connaîtra régulièrement l'échec. Heureusement, tout ceci n'est qu'un jeu : on peut recommencer et savourer une victoire, un autre jour, un autre temps.


Pandémie
tient un peu du jeu pédagogique. On comprend pourquoi il est important de soigner vite, bien et massivement, et pourquoi la présence d'une zone à forte concentration de malades est plus difficile à soigner. On perçoit aussi la difficulté de mettre en place des solutions pérennes. S'il est facile de bricoler quelque chose pour remettre sur pied quelques villes, les virus ont vite fait de reprendre la main si les mesures ne sont pas radicales.

On lutte contre le jeu, avec acharnement et difficulté. Quand on commence à prendre en main la situation, l'urgence s'accélère : les pandémies se propagent de plus en plus vite. Mieux vaut soigner vite et bien. Si on laisse traîner les choses elles s'enveniment et deviennent finalement incontrôlables. 

Les parties sont bien évidemment un peu répétitives à la longue. Certes, les maladies se développent aléatoirement, mais elles suivent malgré tout un certain scénario. C'est bel et bien la présence de rôle particulier à chaque joueur qui sauve la mise sur la durée. Le jeu est totalement différent en fonction du métier que l'on exerce. Par exemple, un médecin qui ne voudrait pas jouer la carte du soin n'apportera rien de bon à son équipe. On ne peut que vouloir coopérer avec les autres joueurs, l'urgence de la situation incitant forcément à faire les bons choix, ou tout du moins, à sélectionner les moins mauvais...


Le matériel de jeu est de bonne facture, sans pour autant être génialissime. Les virus sont représentés par des pavés de couleurs, tandis que le système d'apparition de nouveaux foyers de maladies s'exprime par tirage de cartes.
Les rôles étant les seuls protecteurs contre la monotonie des parties, on est fortement inciter à toujours jouer au complet, c'est-à-dire à quatre (tandis que le jeu renferme 5 rôles). L'adrénaline peut rapidement monter : les situations cul-de-sac sont assez nombreuses et même avec toute la meilleure volonté du monde, on ne doit parfois qu'à la chance de se sortir du pétrin. Avec une approche assez lointaine, puisqu'on joue sur une carte du monde et non pas au plus près des populations, Pandémie propose une lecture presque stratégique de l'affaire. On analyse ainsi parfois longuement la situation avant de lancer une action.

On imagine très bien une variante du jeu qui utiliserait un sablier pour corser la difficulté en pressant la mise en oeuvre sur le terrain, ou bien encore des maladies intelligentes, qui seraient jouées par un joueur...

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

3 commentaires

  • jaiina

    09/12/2013 à 23h59

    Répondre

    Jeu découvert ce week end: intéressant, les règles sont rapides à acquérir pour y jouer vite. Par contre, je pense que plusieurs parties sont nécessaires pour saisir les subtilités et développer des tactiques. Ai bien apprécié aussi le fait que le jeu soit en mode coopératif.

  • Islara

    14/12/2013 à 17h55

    Répondre

    On en est à 4 parties, et on a perdu à chaque fois, et parfois de très loin. J'attends de voir mais je suis un peu pessimiste sur le niveau de difficulté.  Dommage.

  • jaiina

    18/12/2013 à 11h19

    Répondre

    En fait, cela dépend des cartes personnages...Beaucoup de hasard au final...Les parties sont assez déséquilibrées d'un coup sur l'autre

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